LA FORMATION A DISTANCE EN QUESTION : un article de Jean FRAYSSINHES sur « Les nouveaux paradigmes de l’apprentissage des adultes ».

Source http://www.implications-philosophiques.org/actualite/une/la-revolution-numerique-les-nouveaux-paradigmes-de-lapprentissage-des-adultes/

La crise sanitaire que nous traversons est le moment privilégié pour se poser la question du distanciel et c’est une réflexion en cours dans mon contexte de travail. Elle a été initiée avant la survenue du confinement, et amplifiée depuis, avec une accélération des propositions de modules de formation en ligne, webinars etc.… à destination du public accompagné dans sa recherche d’emploi ou dans son projet de reconversion.

Cette situation m’amène à m’interroger sur la différence que nous faisons entre e-learning et FOAD (formation ouverte à distance).Dans la revue électronique Implications philosophiques, qui est un espace de recherche et de diffusion, Jean FRAYSSINHES, Docteur en Sciences de l’Education Chercheur à l’UMR Education, Formation, Travail, Savoirs (EFTS) à l’Université de Toulouse II Le Mirail, a écrit un article intitulé « La Révolution Numérique : Les nouveaux paradigmes de l’apprentissage des adultes ».

Même si cet écrit n’est pas récent, puisqu’il date de 2012, nous y retrouvons tous les éléments qui permettent de faire une synthèse des approches théoriques de la formation à distance à l’heure d’aujourd’hui, car les fondamentaux n’ont pas changé.

Comme le dit Jean Frayssinhes, le monde évolue et l’homme n’a eu de cesse de s’adapter. Arrivés à l’ère du numérique, nous n’échappons pas à cette nécessité de « vivre avec son temps ». Mais pour cela, et dans le contexte de la formation professionnelle continue, qui concerne les adultes s’engageant dans une formation après avoir engagé un parcours professionnel, il est nécessaire de bien définir de quoi nous parlons.

La formation en distanciel fait appel à deux terminologies : le e-learning et la FOAD, et les deux concepts comme les appelle l’auteur de l’article, invitent des éléments différents et se situent dans des contextes toujours en mouvement.

Ainsi, le e-learning, ou « apprentissage par des moyens électroniques » concerne les situations de formation dans leur dimension technique plus que pédagogique. Selon l’Union Européenne, la traduction française nous indique que : « l’e-learning est l’utilisation des nouvelles technologies multimédias de l’Internet pour améliorer la qualité de l’apprentissage en facilitant d’une part l’accès à des ressources et à des services, d’autre part les échanges et la collaboration à distance. » Cependant, bien que permettant l’accès à des contenus numériques pour se former et à des échanges collaboratifs, il n’aurait de dimension formative qu’à travers l’axe technologique. Pour l’auteur, la pédagogie est peu présente dans ce modèle, ce qui explique qu’il ait plutôt la faveur du monde professionnel que du monde de la formation.

La FOAD va au contraire prendre en compte une dimension plus axée sur l’apprenant et ses besoins, et concerner davantage les organismes de formation ou le système éducatif. Ce terme est apparu en 1991 et concentre d’après Jean Frayssinhes trois éléments indissociables :

  • Un concept d’apprentissage en construction
  • Un cheminement qui permet d’avancer progressivement
  • Un dispositif composé d’éléments pédagogiques et techniques

La FOAD va donner naissance à une révolution dans le système de transmission des savoirs dans la formation continue, et dans le métier de formateur. Elle fait aussi apparaître une nouvelle branche de la sociologie : la sociologie de l’autoformation. L’idée de ce dispositif est alors de donner à l’apprenant une liberté de choix dans le contenu, la durée, le rythme de sa formation.

Ainsi la FOAD permet de passer d’un apprentissage transmissif à un apprentissage appropriatif, où l’apprenant est acteur de sa formation.

L’auteur fait référence aux apports d’Alain Jaillet qui « transforma le triangle pédagogique de Houssaye en tétraèdre centré (Jaillet 2004, p 196), ajoutant aux trois pôles le groupe d’apprentissage et le médium utilisé (environnement technologique), deux composantes essentielles en FOAD. »

Figure 1 – Tétraèdre Centré

Tétraèdre centré :Jaillet, A. 2004. L’école à l’ère numérique. Paris : l’Harmattan.

Je rejoins l’auteur sur les conditions nécessaires à la réussite des apprentissages en distanciel, car ils ne mettent pas tous les apprenants sur le même pied d’égalité. En effet, l’isolement, la motivation, l’accès à internet, et la capacité à apprendre ne sont pas les mêmes pour tous.

Par ailleurs, des facteurs économiques sont en jeux aussi bien au niveau des entreprises que des organismes de formation : réduction des coûts pour la première mais aussi investissements avec des répercutions sur le rapport coût/résultat ; gain de productivités pour les organismes de formation grâce à plus de flexibilité, mais nécessité de faire évoluer les pratiques des professionnels qui voient parfois l’arrivée du numérique comme l’appauvrissement de la relation avec l’apprenant.  Cependant, l’intérêt de l’apprenant dans ce type de dispositifs n’est pas négligeable dans la mesure où ils donnent accès à des contenus et des outils. Ces derniers peuvent palier à un manque de mobilité nationale voire internationale, privilégier une organisation personnelle compatible avec la démarche de formation, se former à son rythme, gagner en autonomie, etc… L’aspect économique de la formation à distance est aussi à regarder du côté des apprenants dans le sens où elle permet de réduire des dépenses (déplacements, hébergement, …).  

Le numérique dans l’apprentissage, et donc dans la formation, est comme je l’ai dit un sujet d’actualité, et d’autant plus pertinent dans la situation actuelle. Par ailleurs, il concerne directement ma pratique de consultante. Mon regard sur l’avènement de cet outil est lié à deux approches : celle de la professionnelle qui donne accès à des contenus en ligne et celle qui les utilise en interne pour de l’autoformation. Pour moi, dans les deux situations, il y a des prérequis incontournables :

  • Que l’apprenant (moi ou le bénéficiaire) accède à l’outil dans de bonnes conditions techniques
  • Que la navigation soit ergonomique
  • Que l’utilisateur présente une certaine maturité informatique
  • Que la motivation soit au rendez-vous

Je dirais ensuite que la formation à distance n’est pas indiquée pour tous les apprenants, et qu’il faut impérativement adapter la « prescription » au profil et au projet de la personne.

Aujourd’hui, nous subissons une injonction de nos entreprises pour « faire du distanciel » et ainsi « coller à l’air du temps », par peur d’être distanciés ou mis en concurrence avec des structures qui auraient plus vite ou mieux compris les enjeux économiques et financiers. Mais il ne faut pas oublier que le sens de tout cela est essentiel, et que « faire pour faire » n’aura pas les effets attendus et viendra à moyen-long terme remettre en question la pratique. Je pense donc qu’il faut prendre le temps de concevoir et adapter les propositions de formation en fonction des publics et de leurs objectifs personnels et professionnels, prendre le temps d’évaluer et avoir une démarche réflexive qui permettra d’optimiser les offres de formation.

Enseignement en ligne : « il faut construire un espace de connaissance collaboratif »

En lien avec les cours sur le numérique, je vous indique un lien qui donne le point de vue du sociologue Dominique BOULLIER qui valorise cette démarche.

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/03/01/enseignement-en-ligne-il-faut-construire-un-espace-de-connaissance-collaboratif_6031427_3234.html

Bonne lecture !

Le réseautage

Je vais vous présenter mon expérience de formation sur Open Classroom, destinée à me donner des clés de compréhension sur le fonctionnement des réseaux sociaux. En fait, c’est une thématique que j’aborde avec les personnes que j’accompagne dans leur projet de formation, ou de recherche d’emploi. Dans ces situations, et bien d’autres encore certainement, le réseau est facilitateur pour se faire connaître. Mais je ne suis pas accro… alors, voyons voir…

Le thème exact est : « comment la constitution d’un réseau efficace peut vous aider à prendre votre carrière en main, à décrocher un emploi, ou à développer votre activité ».

Bilan de l’expérience : sur le fond, je n’ai pas appris grand chose. Le niveau débutant, sur une heure avec 5 leçons de 5’30 à valider par des quizz, m’a cependant permis de voir que le SWOT (outil d’aide à la décision que j’utilise par ailleurs dans mes accompagnements), pouvait se prêter à la démarche de réseau.

Les témoignages sur des retours d’expérience a rendu l’apprentissage en distanciel plutôt vivant, et compensait le discours un peu froid d’un coach qui présentait les séquences de façon statique dans un environnement « figé’.

Je pourrais conseiller ce module d’apprentissage en distanciel à des personnes qui n’ont aucune idée de ce qu’est le réseautage, mais il faudrait doubler par un apport plus personnalisé.

Voilà, à vous de voir si vous avez besoin de développer votre réseau !