Mutations anthropologiques contemporaines:le combat de la « désinformatique » en éducation

Voici une analyse personnelle qui s’appuie sur les cours suivis et sur quelques données glanées. Je vous souhaite bonne lecture.

Les premières lignes du code de l’éducation définissent son objet comme étant  « la première priorité nationale. Le service public de l’éducation est conçu et organisé en fonction des élèves et des étudiants » (Code de l’éducation, chapitre premier, article L 111.1). Cela nécessite donc, de fait, une adaptation de l’école en fonction de l’élève et de son évolution. Il faut donc penser l’école « au jour le jour » au regard de l’évolution anthropologique de cet élève, quel qu’il soit.

Depuis quarante années nous connaissons l’avènement de l’outil informatique pour le grand public et son développement comme en témoigne par exemple le plan ministériel de 1985 IPT (informatique pour tous) qui souhaite le faire entrer dans chaque école. Jean-Pierre ARCHAMBAULT en dira d’ailleurs dans son rapport que ce plan aura « constitué un symbole très fort du caractère irréversible de la mutation en cours vers la société de l’informatique ». Cette mutation rapide et exponentielle est aujourd’hui au cœur de toutes les inquiétudes, et notamment dans le milieu scolaire, du fait de l’ampleur qu’elle prend : l’accès aux informations –ou « non informations »- se fait de plus en plus rapidement, et laisse seul le jeune face à ces données sans, si on n’y prend garde, analyse et recul de la situation évoquée. Outre le fait que le jeune se retrouve alors en possession d’une donnée informationnelle réelle ou erronée sans philtre, il prend l’habitude d’être submergé en continu de ces informations qui viennent de nombreux vecteurs, en pensant ainsi tout contrôler, et ainsi se retrouve en situation de détresse et en manque lorsqu’il n’y en a plus, par peur de ne plus maîtriser. La frustration monte alors de ne pas remplir cet espace vide, ce qui crée chez lui des tensions, agitations, déconcentrations. Et nous sommes aujourd’hui à chercher les moyens, souvent disciplinaires, de réguler cela. N’y aurait-il pas une réflexion à mener plus en amont, sur la formation des enseignants et éducateurs notamment, des familles, afin que l’informatique devienne non plus un outil mais un instrument?

Les enjeux de cette réflexion sont pour le moins importants si l’on voit la vitesse à laquelle cette évolution s’est mise en place dans nos sociétés et quelle part elle prend dans nos maisons. Dans quelle mesure, peut-on alors se questionner, le « faire toujours plus vite », lié à l’évolution du numérique, change la manière de travailler dans les établissements scolaires ? N’y a-t-il pas en ce moment, dans nos classes, face aux tableaux interactifs, une éviction progressive de la prise en compte de l’individu par la mise en commun facilitée par l’évolution. N’était-ce pas l’opposé exact de l’utilité primaire de ces outils qui devaient permettre de penser l’enseignement de manière plus individuelle et différenciée?

Nous tenterons d’exposer dans un premier temps les changements anthropologiques des élèves liés à cette évolution, puis nous analyserons les effets que cela a eu ou doit avoir sur les pratiques pédagogiques dans notre collège de l’agglomération nantaise. Loin de stigmatiser l’informatique, nous tenterons ici d’analyser cet outil susceptible de nous faire aller plus loin plus vite, mais qui, comme tout autre outil, a son côté tranchant, prêt à blesser si on ne l’utilise pas de la bonne manière.

Fini donc cet élève assis, face au tableau, écoutant « religieusement »  son maître sans le remettre en cause, ni lui, ni son savoir. Fort d’une accessibilité décuplée à l’information quelle qu’elle soit, le jeune peut acquérir des connaissances dans de nombreux domaines, ceux qui lui plaisent et l’attirent en premier lieu. Il est en effet aisé pour lui de récupérer sur des sites dédiés un bon nombre de savoirs liés à une notion, un objet, un concept… un peu comme une encyclopédie ouverte en continu et qui s’adapte en temps réel et où chacun peut donner son avis, son expérience. Ainsi chacun peut penser pouvoir devenir un petit Diderot en participant à l’évolution des informations en ligne. Pourtant, cela participe surtout de la désinformation : chacun donnant son avis, on pourrait penser que cela permettrait d’affiner par l’empirique les idées émises. Il n’en est rien. Pensant pouvoir donner une information objective, l’individu peu éclairé n’en donne en fait qu’un avis trop souvent subjectif. Ainsi, l’information n’est pas affinée, bien au contraire, elle s’emplit d’anecdotes personnelles, d’avis pour la plupart puérils, de quelques conseils, et très rarement d’idées nouvelles ou éclairées. Au lieu de compléter, d’étayer, l’information s’alourdit, se mélange, et perd alors de son sens. Et pourtant, cette information se multiplie et se propage à grande vitesse, disponible rapidement au plus grand nombre. A l’autre bout, c’est l’individu lambda qui récupère cela, sur son téléphone, sa montre connectée, son ordinateur de bureau ou tout autre BYOD (Bring Your Own Device). Et le plus souvent, il est seul face à cet écran. Que peut-il faire de cette information qui l’intrigue? On aimerait penser qu’il va la confronter avec d’autres, récupérées sur des sites plus complets et sérieux, où les auteurs sont éclairés. Mais bien souvent, l’information donnée en premier lieu est l’information crue, prise pour source puis utilisée.

Cet individu, nous le retrouvons dans nos classes susceptibles de lui apporter les savoirs nécessaires à son évolution. Ce qui a changé ces quarante dernières années est que ce jeune croit qu’il a déjà l’information et les compétences nécessaires pour la traiter. Ce jeune est aujourd’hui en quête de nouvelles informations et trouve en l’école un lieu « has been »  n’utilisant que très peu l’outil que lui connaît parfaitement et manipule aisément. Nous ne le comprenons que trop mal, car il n’est plus comme nous qui, des années plus tôt, quand nous étions à sa place, écoutions et croyions l’éducateur. Il est aujourd’hui en perpétuelle incertitude entre ce qu’il a vu via ses liens et ce qui lui est dit en classe. De plus, il est dans une classe où il n’est plus seul, où l’informateur n’est plus centré sur lui essentiellement comme tous les sites qu’il utilise via les « cookies », il n’est plus le centre de l’attention. Comprenons-le : il n’est plus abreuvé d’informations, il a donc le sentiment de ne plus maîtriser ce qui se passe autour de lui, ayant le sentiment que le monde tourne sans lui, sans qu’il ne connaisse tout. Imaginez le sentiment de peur du vide que cela doit lui procurer. Une espèce de manque doit se faire ressentir alors et il trépigne de pouvoir retourner rapidement sur ses réseaux pour récupérer ce qu’il a manqué. Il ne peut plus être concentré, surtout qu’il a pris l’habitude maintenant de « média-snacker » et ainsi papillonner entre les différents vecteurs d’informations sans en approfondir un réellement.  L’élève aujourd’hui n’est donc plus un expert dans un domaine, mais il touche à tout sans approfondir. On pourrait se poser la question de l’incidence que cela a sur son futur, dans l’optique de trouver un travail et de s’y tenir. Nous voyons d’ailleurs apparaître des individus qui n’ont plus un métier d’une vie mais une vie de métiers. Dans la classe, ce jeune est donc déconcentré, il a besoin de bouger, d’être rempli par différents types d’informations, et cela a une implication sur la manière dont nous devons, nous éducateurs, le prendre en charge.

C’est ce qui est fait en partie dans notre établissement, collège de la périphérie nantaise. Au regard de toutes ces données, l’équipe a tenté, de manière plus ou moins individuelle, de mettre en place de nouvelles pédagogies afin de pallier ces changements sociétaux. Contrairement à ce qui avait été imaginé par les concepteurs de l’informatique, qui était initialement une abréviation de « information automatique », nous arrivons aujourd’hui dans l’ère de la « désinformatique » et l’équipe éducative dans son ensemble a dû s’emparer de cela afin d’aménager les contenus et les façons de faire.

Concrètement, et au quotidien, cela commence par l’interdiction institutionnelle  d’utiliser les téléphones mobiles dans les collèges (loi du 03 août 2018). Reprise dans le règlement intérieur de l’établissement, cela appuie sur le fait que nous ne devons pas laisser le jeune devant des contenus sans l’y accompagner. « L’utilisation du téléphone portable peut nuire gravement à la qualité d’écoute et de concentration nécessaire aux activités d’enseignement » (https://www.education.gouv.fr/cid133479/interdiction-telephone-portable-dans-les-ecoles-les-colleges.html). Ainsi nous mettons tout en œuvre pour permettre le décrochage lors de l’entrée dans l’établissement. Il faut rajouter ici que nous voyons, aux portes de l’établissement  et depuis quelques années, un nouveau ballet de jeunes, tous penchés sur leurs écrans. Le mobile devient presque le connecteur logique dans la relation à l’autre. L’un joue à un jeu ou est sur tel ou tel site, et montre à ceux qui sont autour et qui n’ont d’yeux que pour cela, le niveau atteint ou la remarque faite sur le blog… sans compter sur le nombre de « likes », de « followers » devenu l’objet de toutes les attentions. Obligé de leur demander de s’arrêter pour qu’ils prennent conscience de l’heure et donc du besoin de rentrer dans l’établissement, notre pratique s’en trouve relativement évoluée. Hier, nous demandions aux jeunes d’éteindre leur cigarette avant d’entrer, aujourd’hui nous leur demandons d’éteindre leur mobile. Les jeunes sont passés d’une addiction visible, malodorante et source de maladie, à une autre plus silencieuse mais tout aussi dévastatrice. Facile à utiliser dans les toilettes, cachés, les jeunes profitent de cet espace pour s’adonner en toute quiétude à leur dérive désinformatique. Il faut alors repenser ce lieu afin de ne plus leur laisser le temps d’errer à leur guise dans cet espace. Nous organisons alors des temps de présence aux toilettes pour les jeunes avec un passage des personnels de surveillance dans les environs.

En classe, les enseignants, soucieux de travailler avec cet outil qui peut être formidable s’il est bien utilisé, jouent d’ingéniosité afin de permettre aux jeunes de bien l’utiliser et le transformer enfin en instrument de l’information. Ils donnent par exemple des applications utiles à certaines pratiques comme « Scratch » qui permet à chacun d’utiliser la programmation et ainsi conceptualiser des modèles d’organisation systémiques. L’outil ainsi utilisé augmente l’attractivité du contenu, tout comme le fait pour les enseignants d’utiliser les « nouveaux » supports que sont les TBI (tableaux blancs interactifs) ou autres flottes de tablettes ou d’ordinateurs portables. En augmentant ainsi l’interactivité, l’enseignant attire le jeune et le met en mobilité. Le jeune peut alors essayer, effacer, recommencer à sa guise et ainsi, par essai-erreur, avancer et se mettre en acte d’apprendre. L’éducateur répond alors au nouveau besoin de multiplier les médias de l’information créé par le jeune et sa pratique quotidienne dans l’informatique.

Il nous semble pour autant très important de vouloir garder, au travers de nos temps d’étude par exemple, ou encore pendant nos récréations, des temps de pause nécessaires à la réflexion, à l’analyse des situations ou des données. Il faut que nous puissions réapprendre à nos jeunes à s’ennuyer afin qu’ils puissent se permettre un temps réflexif, presque de métacognition sur leurs pratiques. Pour aller dans ce sens, lors de l’édition des emplois du temps de chaque classe, il a été décidé d’imposer, pour chaque niveau, au moins une heure d’étude. Ce temps, principalement dédié au travail individuel, peut aussi évoluer vers, lorsque l’heure y est propice ou que l’état des jeunes en fait ressentir le besoin, un temps de pause et de méditation en musique. Ce temps permet à chacun de se recentrer sur ce qu’il ressent, sur ses besoins, mais est aussi un temps où le jeune peut rêver, divaguer sans se remplir d’autres informations que celles qu’il a déjà. Ces temps sont tellement rares aujourd’hui chez ces jeunes qu’ils ont du mal à rentrer dans ce processus du lâcher-prise initial nécessaire à l’acceptation du vide. C’est ce pourquoi dans notre établissement, nous nous efforçons de le faire régulièrement et ainsi leur redonner le goût à cela.

Même si l’attractivité des établissements passe presque inévitablement maintenant par l’innovation, non-plus pédagogique, mais technologique, il est clair, au vu de ce qui vient d’être dit, que l’école de demain devra, pour continuer de donner du sens aux apprentissages, s’approprier, par la formation des éducateurs, les nouvelles techniques et alors permettre aux jeunes de les utiliser comme instrument de leur information. Il faudra pour cela que les adultes encadrants les manipulent et puissent en tirer la substantifique moelle à échanger avec les jeunes à former. Tout l’enjeu se situe alors dans l’acceptation des enseignants à utiliser ce nouvel outil sans déterritorialiser le lieu d’éducation qu’est l’école  et en acceptant les espaces annexes supportés par les nouvelles applications d’aide aux familles telles que Elyco ou École Directe qui font sortir l’école de son lieu et le faire rentrer dans chaque maison, espace resté  privé jusqu’alors.

@-achat, @-commerce

Affirmation du groupe: La majorité des personnes fait des achats en ligne:

 

Faux.

Selon Estelle COLIN, lors du JT de France Info du vendredi 25 mai 2018 (https://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/les-francais-champions-des-courses-en-ligne_2769359.html), c’est effectivement une pratique qui se démocratise, et l’arrivée ces dernières semaines du Coronavirus bouscule encore un peu les pratiques du consommateur qui évite les rassemblements dans les grandes surfaces.

Il faut dire que 47% des français a déjà acheté des produits alimentaires en ligne. La France est devenue le pays européen le plus e- acheteur, juste devant le Royaume Uni. Il faut dire que le drive qui permet ces achats en ligne a été inventé par les français. Aujourd’hui, il y en a 3720 en France, et c’est plus que le nombre de magasins discount. 8 achats en ligne sur 10 se terminent au drive d’un magasin.

Le chiffre du e-commerce était de 20 milliards d’euros en 2009. 10 ans plus tard, il a dépassé les 100 milliards selon les Echos (23/05/2019) https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/la-france-championne-deurope-des-achats-en-ligne-1023465.

Enfin, en outre, le marché enregistre une forte hausse du nombre de sites marchands actifs ce premier trimestre (+15,6% sur un an). Parmi le Top 15 des sites et applications de e-commerce les plus populaires en terme d’audience en France, les quatre premiers restent dans l’ordre Amazon, Cdiscount, Fnac et Vente-privée. Le secteur du tourisme/voyage est également bien placé (Booking, 5e, OuiSncf, 6e, AirBnB, 14e), ainsi que la grande distribution (Leclerc, 7e, Carrefour, 9e, Leroy Merlin, 13e). http://www.economiematin.fr/news-pourquoi-part-achats-ligne-drive-france-augmente-2019

 

Julien CASACCIA, Charly CRUAULT, Steeve ETRONNIER, Françoise LECLERC

 

 

FORMATION Charlemagne

Bonjour,

Je vous propose aujourd’hui d’aller découvrir un site sur lequel vous pourrez profiter de formations (sur site mais payantes avec des professionnels ou via des téléchargements gratuits).

Ce site est celui de Charlemagne, logiciel multifonctionnel de gestion des établissements scolaires (https://www.statim.fr/telechargements.html).

Il comprend des bases pour la gestion des absences, des notes, des emplois du temps, mais aussi pour le passage self, la gestion monétaire…

Vous l’aurez compris, il est vraiment complet, même si certaines interfaces sont lourdes et peu ergonomiques.

Bonne découverte,

Steeve

Formation EXCEL en ligne

formation EXCEL-PRATIQUE

il s’agit d’une base de données relatives à la formation au logiciel EXCEL.
Cette formation est gratuite sauf si vous décidez de la télécharger (exercices supplémentaires et vidéos explicatives)
Les cours sont divisés en 4 en fonction de la version que vous souhaitez utiliser
Chaque cours est divisé en 11 leçons bien illustrées par des copies d’écran, et avec une légende en couleur
Suivre les leçons est très simple et plutôt ergonomique
je me suis focalisé sur les cours de 2016-19 mais les autres versions semblent complètement identiques
Les 4 premières leçons vont très vite à intégrer. La suite est un peu plus complexe en restant très accessible
Ce sont essentiellement les leçons 6, 8, 9 et 10 qui me semble les plus cohérentes par rapport au travail d’organisation visé (on voit rapidement les applications professionnelles que cet outil peut avoir)
Le point négatif de cette formation réside dans le fait qu’il faut au minimum un double écran si ce n’est un deuxième ordinateur allumé afin de mettre en application ce qui est montré (et ce deuxième PC doit avoir EXCEL qui reste payant)