Technologies de l’information et de la communication (TIC) : Former aux dangers !

Cet écrit consiste à comprendre les risques des nouvelles technologies et l’impact que cela peut avoir sur les nouvelles générations.

Bonne lecture.

 

Introduction

 

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont révolutionné presque tous les aspects de notre vie privée et professionnelle. Si les élèves ne sont pas capables de naviguer dans un environnement numérique complexe, ils ne pourront plus participer pleinement à la vie économique, sociale et culturelle du monde qui les entoure. Les personnes en charge de l’éducation des apprenants « connectés » d’aujourd’hui sont confrontées à un certain nombre de problématiques complexes, allant de l’excès d’informations au plagiat, et de la protection des enfants contre les risques d’Internet tels que la fraude, les atteintes à la vie privée et le harcèlement en ligne, au choix d’un menu médias adapté et approprié.

Nous attendons de l’école qu’elle apprenne aux enfants à devenir des consommateurs réfléchis en matière de services Internet et de médias numériques, en les aidant à faire des choix éclairés et à éviter les comportements nocifs, tout en faisant un travail de sensibilisation sur les risques auxquels s’exposent les enfants sur Internet et les moyens de les éviter.

 

Une évolution rapide : « Les enfants en avancent sur les parents ? »

 

En une vingtaine d’années, les outils utilisés dans la plupart des métiers et pour des actes aussi élémentaires que la communication, la collecte d’informations, l’archivage des données du passé ou la planification de l’avenir ont été remplacés par des dispositifs numériques. Pour la première fois, les parents et les enseignants d’aujourd’hui ont une expérience limitée, voire inexistante, des outils que les enfants seront amenés à utiliser chaque jour dans leur vie d’adultes. Effectivement les enfants sont de plus en plus tôt confrontés à la réalité du numérique, ce qui peut nous questionner sur notre pratique professionnelle. Pour ma part, je ne me considère pas comme un inculte concernant l’outils numérique et ses différentes fonctionnalités mais je me retrouve par moment dépassé par rapport à des élèves collégiens, ces derniers maîtrises bien mieux l’outils mais également le vocabulaire en lien avec celui-là. En outre, les adolescents d’aujourd’hui ont pour la plupart une maîtrise de ces nouvelles technologies.

 

Rôle de l’éducation face au numérique.

 

Les évolutions technologiques à l’œuvre dans nos sociétés soulèvent des interrogations fondamentales concernant le rôle de l’éducation et de l’école. Quels sont les savoirs et savoir-faire indispensables aux élèves ? Quelle valeur les connaissances acquises traditionnellement à l’école sont-elles dans un monde où tant d’informations sont désormais accessibles sur internet ?

Les compétences typiquement acquises à l’école jouent un rôle déterminant dans l’adoption ou non des technologies numériques par les élèves et leur capacité à en tirer profit.

Dans un monde où la technologie numérique va devenir le principal support de communication, les élèves doivent être capables de trouver et d’exploiter des informations en ligne. Ils doivent se familiariser avec les formats de textes accessibles sur Internet afin d’apprendre à naviguer sur le web de façon fructueuse et réfléchie. L’ensemble de ces processus peuvent s’apprendre et se pratiquer dans le cadre scolaire. L’éducation doit d’ailleurs permettre aux élèves d’adopter le bon comportement face à l’outils numérique afin d’éviter certaines dérives pouvant être dangereuses.

 

Les risques potentiels des nouvelles technologies

 

Lorsque tous les enfants ont accès à Internet, les parents et les enseignants peuvent utiliser les ressources éducatives disponibles en ligne pour favoriser leur apprentissage. Néanmoins, un accès illimité à Internet peut également avoir des conséquences négatives sur le développement de l’enfant. Les personnes en charge de l’éducation des apprenants « connectés » d’aujourd’hui sont ainsi confrontées à un certain nombre de problématiques nouvelles allant de l’excès d’informations au plagiat, et de la protection des enfants contre les risques d’Internet (fraude, atteintes à la vie privée, harcèlement en ligne) au choix d’un menu médias adapté et approprié.

L’école doit apprendre aux élèves à devenir des consommateurs réfléchis en matière de services Internet et de médias numériques, en les aidant à faire des choix éclairés et à éviter les comportements nocifs. Elle peut aussi sensibiliser les familles aux risques auxquels s’exposent les enfants sur Internet et aux moyens de les éviter. Enfin, en plus de protéger leurs enfants des dangers d’Internet, les parents doivent les aider à trouver un juste équilibre entre l’utilisation des TIC à des fins ludiques et récréatives et d’autres activités de détente ne nécessitant pas d’écrans, telles que le sport et, tout aussi important, le sommeil.

 

Conclusion

 

En définitive, la société contemporaine est effectivement en pleine mutation. Les nouvelles technologies y sont pour quelque chose. La réussite de l’intégration des nouvelles technologies dans l’éducation ne dépend pas tant des meilleurs choix en termes de matériel, de temps d’utilisation, de logiciels ou de manuels numériques, mais plutôt de l’intervention d’acteurs clés : les enseignants, les chefs d’établissement et autres décideurs, tous porteurs d’une vision et des capacités pour qu’élèves, nouvelles technologies et apprentissage soient enfin connectés.

 

Julien CASACCIA

FingerReader : une bague liseuse pour les malvoyants.

Pourquoi ce choix :

Ma sœur étant mal entendante je connais le handicap de près et je sais à quelle point ce peut être difficile dans certains contextes. Heureusement certains objets connectés viennent les aider et améliorer leur quotidien. Je connais quelques objets connectés pour les malentendants tels que des appareils auditifs connectés ou réveils connectés, mais je ne connais pas d’objet connecté pour les malvoyants, j’ai donc été intriguée par leFingerReader.

C’est donc grâce à ce cours que j’ai découvert cette liseuse pour les malvoyants.

Présentation :

Il s’agit d’une bague qui est conçue pour lire du texte à haute voix et permettre aux non-voyants d’accéder à la lecture autrement qu’à travers le braille.

Elle fonctionne à la fois sur des livres traditionnels c’est-à-dire sur support papier mais également sur des liseuses grâce à une micro caméra haute définition, un système à retour d’effet et un logiciel d’analyse et de synthèse vocale qui travaillent en temps réel.

Cette bague placée sur l’index, permet à l’anneau de scanner le texte au rythme du défilement du doigt pour le restituer à la voix.

Pour aider les malvoyants à suivre les lignes, des capteurs adaptés sont placés sur la bague afin d’identifier les mots même si le lecteur dévie la trajectoire du texte. La bague est également conçue pour donner des consignes de repositionnement de l’index et vibrer à chaque fin ou début de texte. 

Cette technologie a été mise au point par une équipe du Média Lab au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ce prototype s’inscrit dans une évolution du concept EyeRing créé en 2012 qui permettait à une bague équipée d’une micro caméra de prendre en photo des objets pour en obtenir une description audio.

Opinion:

De mon point de vue cet objet connecté est révolutionnaire pour les malvoyants qui pourront accéder à la lecture autrement que par le braille. Néanmoins, il reste des axes à améliorer : -la vitesse de déchiffrage qui reste encore un peu lente -l y a cependant une limite dans la taille des caractères, qui ne doit pas être inférieure à 12 points.

Depuis son annonce en 2014, le projet FingerReader semble toujours être en développement afin d’améliorer de nombreux paramètres. En effet aucune recherche depuis montre son aboutissement. Comme beaucoup de prototypes ingénieux, il est possible que cette bague reste à ce stade et ne soit jamais proposée aux personnes qui en auraient besoin. Espérons donc que ce projet aboutisse, pour le plus grand plaisir des malvoyants.

Rob’Autisme : « Accueil des Robots sur la planète Autisme : Quand les robots viennent en aide aux enfants avec TSA »

La thématique abordée est celle des apprentissages en faveur d’enfants Autistes par le biais de la programmation robotique. Je me suis intéressé à cette recherche à double titre, car je travaille auprès de personnes adultes avec TSA et d’autre part, le nombre de personne avec Autisme est en augmentation permanente dans le monde et qu’il convient alors de mobiliser notre trésor d’imagination en tout genre afin de mener à bien nos actions pédagogiques, éducatives et psychopédagogiques en leur faveur. L’Autisme me fascine et me questionne.

Que faisons-nous pour les personnes avec Autisme ?

Est-ce à la personne avec Autisme de s’adapter au monde ou est-ce l’inverse ?

En quoi la programmation robotique peut-elle être un facteur d’apprentissage pour elle ?

Quelle autre ressource peut-on trouver ?

NAO

En tout cas, j’ai pu trouver une nouvelle source d’inspiration pour mener à bien nos actions pédagogiques ou éducatives auprès des personnes avec TSA au travers de cette recherche menée par l’association « Rob’Autisme » en la personne de Mme Sophie SAKKA. Elle est chercheuse en robotique à l’école Centrale de Nantes et présidente de l’association Robots ! qui a pour objet la démocratisation de la robotique et nous propose une vision humaniste du robot. Elle nous raconte comment en collaboration avec Stereolux et le CHU de Nantes, elle a appris à 6 adolescents avec TSA à manipuler NAO, un robot humanoïde, pour le faire parler. Cette expérience a changé la vie de ces jeunes, les résultats ont dépassé toutes les attentes.

Au bout de 6 mois, les adolescents sont sortis de leur isolement, sont devenus capables de communiquer entre eux et de s’exprimer même en dehors des ateliers. Ils s’expriment à travers NAO. Une aventure remarquable grâce à une initiative technologique mais pleine d’humanité.

Mon opinion : Je trouve ce programme « Rob’Autisme » très intéressant et novateur. Pourquoi ? Car c’est une révolution et c’est un autre exemple de mise à disposition des « machines » en faveur de l’Autisme. J’insiste sur le fait que dans cette démarche psychopédagogique, les enfants ne sont jamais seuls et que ce programme a été accompagné par les professionnels chercheurs. Donc, la question « humaine » n’a jamais été écartée. Il n’a pas été question d’isoler les enfants et de remplacer l’adulte par des programmes ou outils numériques, mais bien d’utiliser le robot comme objet médiateur d’apprentissage. De plus, il n’a pas été question de programmer des actions individuelles pour des productions individuelles mais bien de permettre à des enfants Autistes de s’exprimer en société et d’apprendre des us et coutumes de vie en société. C’est une démarche collective réalisée en groupe et donc socialisante. Pour moi, certes, le robot devient « partenaire » d’apprentissages, mais il demeure indissociable du lien social qui restera à jamais une condition fondamentale pour l’apprentissage de la vie en société.

Quelques liens utiles:

Vidéo de la restitution de l’atelier Robotique conçu par les enfants avec TSA.

Conférence de Sophie SAKKA, Rennes, 4 Août 2016. Argumentaire sur cet apprentissage avec les NAO.

Enfin, bien que ces actions soient gratuites, il est nécessaire de se déplacer à Nantes pour y participer. De plus, le nombre de place étant limité et faire déplacer les NAO au domicile de chacun est aujourd’hui onéreux. Alors en poursuivant mes recherches sur les objets connectés, j’ai trouvé une solution intermédiaire qui pourrait satisfaire un large public. La société LEGO propose la construction d’un Robot à programmation numérique qui a certes moins de fonctionnalités que les NAO et qui se présente sous forme un peu juvénile mais il se présente sous une forme similaire et l’application numérique permettant son utilisation est simple. Alors pourquoi pas ?

Vidéo de LEGO Boost fonctionnant avec une application gratuite.

Mutations anthropologiques contemporaines:le combat de la « désinformatique » en éducation

Voici une analyse personnelle qui s’appuie sur les cours suivis et sur quelques données glanées. Je vous souhaite bonne lecture.

Les premières lignes du code de l’éducation définissent son objet comme étant  « la première priorité nationale. Le service public de l’éducation est conçu et organisé en fonction des élèves et des étudiants » (Code de l’éducation, chapitre premier, article L 111.1). Cela nécessite donc, de fait, une adaptation de l’école en fonction de l’élève et de son évolution. Il faut donc penser l’école « au jour le jour » au regard de l’évolution anthropologique de cet élève, quel qu’il soit.

Depuis quarante années nous connaissons l’avènement de l’outil informatique pour le grand public et son développement comme en témoigne par exemple le plan ministériel de 1985 IPT (informatique pour tous) qui souhaite le faire entrer dans chaque école. Jean-Pierre ARCHAMBAULT en dira d’ailleurs dans son rapport que ce plan aura « constitué un symbole très fort du caractère irréversible de la mutation en cours vers la société de l’informatique ». Cette mutation rapide et exponentielle est aujourd’hui au cœur de toutes les inquiétudes, et notamment dans le milieu scolaire, du fait de l’ampleur qu’elle prend : l’accès aux informations –ou « non informations »- se fait de plus en plus rapidement, et laisse seul le jeune face à ces données sans, si on n’y prend garde, analyse et recul de la situation évoquée. Outre le fait que le jeune se retrouve alors en possession d’une donnée informationnelle réelle ou erronée sans philtre, il prend l’habitude d’être submergé en continu de ces informations qui viennent de nombreux vecteurs, en pensant ainsi tout contrôler, et ainsi se retrouve en situation de détresse et en manque lorsqu’il n’y en a plus, par peur de ne plus maîtriser. La frustration monte alors de ne pas remplir cet espace vide, ce qui crée chez lui des tensions, agitations, déconcentrations. Et nous sommes aujourd’hui à chercher les moyens, souvent disciplinaires, de réguler cela. N’y aurait-il pas une réflexion à mener plus en amont, sur la formation des enseignants et éducateurs notamment, des familles, afin que l’informatique devienne non plus un outil mais un instrument?

Les enjeux de cette réflexion sont pour le moins importants si l’on voit la vitesse à laquelle cette évolution s’est mise en place dans nos sociétés et quelle part elle prend dans nos maisons. Dans quelle mesure, peut-on alors se questionner, le « faire toujours plus vite », lié à l’évolution du numérique, change la manière de travailler dans les établissements scolaires ? N’y a-t-il pas en ce moment, dans nos classes, face aux tableaux interactifs, une éviction progressive de la prise en compte de l’individu par la mise en commun facilitée par l’évolution. N’était-ce pas l’opposé exact de l’utilité primaire de ces outils qui devaient permettre de penser l’enseignement de manière plus individuelle et différenciée?

Nous tenterons d’exposer dans un premier temps les changements anthropologiques des élèves liés à cette évolution, puis nous analyserons les effets que cela a eu ou doit avoir sur les pratiques pédagogiques dans notre collège de l’agglomération nantaise. Loin de stigmatiser l’informatique, nous tenterons ici d’analyser cet outil susceptible de nous faire aller plus loin plus vite, mais qui, comme tout autre outil, a son côté tranchant, prêt à blesser si on ne l’utilise pas de la bonne manière.

Fini donc cet élève assis, face au tableau, écoutant « religieusement »  son maître sans le remettre en cause, ni lui, ni son savoir. Fort d’une accessibilité décuplée à l’information quelle qu’elle soit, le jeune peut acquérir des connaissances dans de nombreux domaines, ceux qui lui plaisent et l’attirent en premier lieu. Il est en effet aisé pour lui de récupérer sur des sites dédiés un bon nombre de savoirs liés à une notion, un objet, un concept… un peu comme une encyclopédie ouverte en continu et qui s’adapte en temps réel et où chacun peut donner son avis, son expérience. Ainsi chacun peut penser pouvoir devenir un petit Diderot en participant à l’évolution des informations en ligne. Pourtant, cela participe surtout de la désinformation : chacun donnant son avis, on pourrait penser que cela permettrait d’affiner par l’empirique les idées émises. Il n’en est rien. Pensant pouvoir donner une information objective, l’individu peu éclairé n’en donne en fait qu’un avis trop souvent subjectif. Ainsi, l’information n’est pas affinée, bien au contraire, elle s’emplit d’anecdotes personnelles, d’avis pour la plupart puérils, de quelques conseils, et très rarement d’idées nouvelles ou éclairées. Au lieu de compléter, d’étayer, l’information s’alourdit, se mélange, et perd alors de son sens. Et pourtant, cette information se multiplie et se propage à grande vitesse, disponible rapidement au plus grand nombre. A l’autre bout, c’est l’individu lambda qui récupère cela, sur son téléphone, sa montre connectée, son ordinateur de bureau ou tout autre BYOD (Bring Your Own Device). Et le plus souvent, il est seul face à cet écran. Que peut-il faire de cette information qui l’intrigue? On aimerait penser qu’il va la confronter avec d’autres, récupérées sur des sites plus complets et sérieux, où les auteurs sont éclairés. Mais bien souvent, l’information donnée en premier lieu est l’information crue, prise pour source puis utilisée.

Cet individu, nous le retrouvons dans nos classes susceptibles de lui apporter les savoirs nécessaires à son évolution. Ce qui a changé ces quarante dernières années est que ce jeune croit qu’il a déjà l’information et les compétences nécessaires pour la traiter. Ce jeune est aujourd’hui en quête de nouvelles informations et trouve en l’école un lieu « has been »  n’utilisant que très peu l’outil que lui connaît parfaitement et manipule aisément. Nous ne le comprenons que trop mal, car il n’est plus comme nous qui, des années plus tôt, quand nous étions à sa place, écoutions et croyions l’éducateur. Il est aujourd’hui en perpétuelle incertitude entre ce qu’il a vu via ses liens et ce qui lui est dit en classe. De plus, il est dans une classe où il n’est plus seul, où l’informateur n’est plus centré sur lui essentiellement comme tous les sites qu’il utilise via les « cookies », il n’est plus le centre de l’attention. Comprenons-le : il n’est plus abreuvé d’informations, il a donc le sentiment de ne plus maîtriser ce qui se passe autour de lui, ayant le sentiment que le monde tourne sans lui, sans qu’il ne connaisse tout. Imaginez le sentiment de peur du vide que cela doit lui procurer. Une espèce de manque doit se faire ressentir alors et il trépigne de pouvoir retourner rapidement sur ses réseaux pour récupérer ce qu’il a manqué. Il ne peut plus être concentré, surtout qu’il a pris l’habitude maintenant de « média-snacker » et ainsi papillonner entre les différents vecteurs d’informations sans en approfondir un réellement.  L’élève aujourd’hui n’est donc plus un expert dans un domaine, mais il touche à tout sans approfondir. On pourrait se poser la question de l’incidence que cela a sur son futur, dans l’optique de trouver un travail et de s’y tenir. Nous voyons d’ailleurs apparaître des individus qui n’ont plus un métier d’une vie mais une vie de métiers. Dans la classe, ce jeune est donc déconcentré, il a besoin de bouger, d’être rempli par différents types d’informations, et cela a une implication sur la manière dont nous devons, nous éducateurs, le prendre en charge.

C’est ce qui est fait en partie dans notre établissement, collège de la périphérie nantaise. Au regard de toutes ces données, l’équipe a tenté, de manière plus ou moins individuelle, de mettre en place de nouvelles pédagogies afin de pallier ces changements sociétaux. Contrairement à ce qui avait été imaginé par les concepteurs de l’informatique, qui était initialement une abréviation de « information automatique », nous arrivons aujourd’hui dans l’ère de la « désinformatique » et l’équipe éducative dans son ensemble a dû s’emparer de cela afin d’aménager les contenus et les façons de faire.

Concrètement, et au quotidien, cela commence par l’interdiction institutionnelle  d’utiliser les téléphones mobiles dans les collèges (loi du 03 août 2018). Reprise dans le règlement intérieur de l’établissement, cela appuie sur le fait que nous ne devons pas laisser le jeune devant des contenus sans l’y accompagner. « L’utilisation du téléphone portable peut nuire gravement à la qualité d’écoute et de concentration nécessaire aux activités d’enseignement » (https://www.education.gouv.fr/cid133479/interdiction-telephone-portable-dans-les-ecoles-les-colleges.html). Ainsi nous mettons tout en œuvre pour permettre le décrochage lors de l’entrée dans l’établissement. Il faut rajouter ici que nous voyons, aux portes de l’établissement  et depuis quelques années, un nouveau ballet de jeunes, tous penchés sur leurs écrans. Le mobile devient presque le connecteur logique dans la relation à l’autre. L’un joue à un jeu ou est sur tel ou tel site, et montre à ceux qui sont autour et qui n’ont d’yeux que pour cela, le niveau atteint ou la remarque faite sur le blog… sans compter sur le nombre de « likes », de « followers » devenu l’objet de toutes les attentions. Obligé de leur demander de s’arrêter pour qu’ils prennent conscience de l’heure et donc du besoin de rentrer dans l’établissement, notre pratique s’en trouve relativement évoluée. Hier, nous demandions aux jeunes d’éteindre leur cigarette avant d’entrer, aujourd’hui nous leur demandons d’éteindre leur mobile. Les jeunes sont passés d’une addiction visible, malodorante et source de maladie, à une autre plus silencieuse mais tout aussi dévastatrice. Facile à utiliser dans les toilettes, cachés, les jeunes profitent de cet espace pour s’adonner en toute quiétude à leur dérive désinformatique. Il faut alors repenser ce lieu afin de ne plus leur laisser le temps d’errer à leur guise dans cet espace. Nous organisons alors des temps de présence aux toilettes pour les jeunes avec un passage des personnels de surveillance dans les environs.

En classe, les enseignants, soucieux de travailler avec cet outil qui peut être formidable s’il est bien utilisé, jouent d’ingéniosité afin de permettre aux jeunes de bien l’utiliser et le transformer enfin en instrument de l’information. Ils donnent par exemple des applications utiles à certaines pratiques comme « Scratch » qui permet à chacun d’utiliser la programmation et ainsi conceptualiser des modèles d’organisation systémiques. L’outil ainsi utilisé augmente l’attractivité du contenu, tout comme le fait pour les enseignants d’utiliser les « nouveaux » supports que sont les TBI (tableaux blancs interactifs) ou autres flottes de tablettes ou d’ordinateurs portables. En augmentant ainsi l’interactivité, l’enseignant attire le jeune et le met en mobilité. Le jeune peut alors essayer, effacer, recommencer à sa guise et ainsi, par essai-erreur, avancer et se mettre en acte d’apprendre. L’éducateur répond alors au nouveau besoin de multiplier les médias de l’information créé par le jeune et sa pratique quotidienne dans l’informatique.

Il nous semble pour autant très important de vouloir garder, au travers de nos temps d’étude par exemple, ou encore pendant nos récréations, des temps de pause nécessaires à la réflexion, à l’analyse des situations ou des données. Il faut que nous puissions réapprendre à nos jeunes à s’ennuyer afin qu’ils puissent se permettre un temps réflexif, presque de métacognition sur leurs pratiques. Pour aller dans ce sens, lors de l’édition des emplois du temps de chaque classe, il a été décidé d’imposer, pour chaque niveau, au moins une heure d’étude. Ce temps, principalement dédié au travail individuel, peut aussi évoluer vers, lorsque l’heure y est propice ou que l’état des jeunes en fait ressentir le besoin, un temps de pause et de méditation en musique. Ce temps permet à chacun de se recentrer sur ce qu’il ressent, sur ses besoins, mais est aussi un temps où le jeune peut rêver, divaguer sans se remplir d’autres informations que celles qu’il a déjà. Ces temps sont tellement rares aujourd’hui chez ces jeunes qu’ils ont du mal à rentrer dans ce processus du lâcher-prise initial nécessaire à l’acceptation du vide. C’est ce pourquoi dans notre établissement, nous nous efforçons de le faire régulièrement et ainsi leur redonner le goût à cela.

Même si l’attractivité des établissements passe presque inévitablement maintenant par l’innovation, non-plus pédagogique, mais technologique, il est clair, au vu de ce qui vient d’être dit, que l’école de demain devra, pour continuer de donner du sens aux apprentissages, s’approprier, par la formation des éducateurs, les nouvelles techniques et alors permettre aux jeunes de les utiliser comme instrument de leur information. Il faudra pour cela que les adultes encadrants les manipulent et puissent en tirer la substantifique moelle à échanger avec les jeunes à former. Tout l’enjeu se situe alors dans l’acceptation des enseignants à utiliser ce nouvel outil sans déterritorialiser le lieu d’éducation qu’est l’école  et en acceptant les espaces annexes supportés par les nouvelles applications d’aide aux familles telles que Elyco ou École Directe qui font sortir l’école de son lieu et le faire rentrer dans chaque maison, espace resté  privé jusqu’alors.

Apprendre avec le numérique. Mythes et réalités

Pour mon billet d’analyse, j’ai choisi de m’intéresser au livre de Franck AMADIEU & André TRICOT s’intitulant « Apprendre avec le numérique. Mythes et réalités, Edition RETZ, 2014 ». Ce livre nous a été proposé en cours sur le numérique par I. MARECHAL, A. DINTILHAC et P. DUPERRAY.

Pourquoi ? Pour deux raisons: Car après étude de la conférence d’André TRICOT sur ce sujet, visible sur Youtube dont le lien ci-après, j’ai pu constater que tous les chapitres du livre n’étaient pas abordés comme le chapitre 6: « Le numérique permet d’adapter les enseignements aux élèves »; ainsi que le chapitre 7: « Le numérique permet de s’adapter aux besoins particuliers des apprenants » ou encore le chapitre 10: « Ça va coûter moins cher ». Il me paraît donc intéressant de ne pas mettre de côté ces autres mythes. De plus, le chapitre 7 est aussi complémentaire avec le billet d’analyse de Charly. Donc, la conférence est aussi intéressante car complémentaire au livre. La seconde raison est que ce livre datant de 2014, offre un regard assez récent sur la question du numérique et les apprentissages et pour reprendre le propos tenu par André TRICOT, dans sa conférence, que je partage, « Nous traversons un bouleversement exceptionnel avec le numérique tout comme cela a été avec l’arrivée de l’écriture puis de l’imprimerie ». Je propose donc de reprendre 3 des 11 chapitres du livre de façon synthétique en essayant de mettre en exergue les points qui me paraissent importants et d’y apporter ma contribution au regard de mon expérience professionnelle.

Dans l’introduction du livre, je trouve assez pertinente la référence des auteurs à la citation de Thomas Edison en 1913 qui répondait à la question: « Quel est votre avis sur la valeur pédagogique du cinéma? » Dans un interview au New York Dramatic Mirror: Thomas Edison répondait: « Les livres seront bientôt obsolètes dans les écoles. Les élèves recevront un enseignement visuel. Il est possible d’enseigner tous les domaines de la connaissance humaine par le cinéma. Notre système scolaire va complètement changer d’ici dix ans. Nous travaillons depuis un certain temps sur les films scolaires. Nous avons étudié et reproduit la vit de la mouche, du moustique, du ver à soie, (…). Nos travaux montrent de façon concluante la valeur des films dans l’enseignement de la chimie, de la physique et d’autres domaines, ce qui rend les connaissances scientifiques, difficiles à comprendre dans les livres, claires et simples pour les enfants ».

Thomas Edison avait peut-être acheté des actions en bourse à Hollywood mais je peux constater cependant que 107 ans plus tard, bien que le cinéma fasse parti des artifices pédagogiques dans l’enseignement, ce 7ème Art n’a pas encore remplacé les livres ni l’enseignement en présentiel. Ni Merlin l’enchanteur ni même Harry Potter n’ont réussi à enseigner les bases des apprentissages primaires et secondaires au travers du cinéma, jusqu’à preuve du contraire. Nous pouvons alors nous poser cette même question au sujet des apprentissages avec le numérique: « Le numérique remplacera-t-il les livres et l’enseignement en présentiel dans les dix ans à venir? ». N’ayant pas de boule de cristal, je ne puis répondre à cette question dans l’immédiat bien que j’exprimerai mon avis en conclusion, toutefois il convient de s’appuyer sur certains travaux pour apporter une réflexion plus sérieuse sur le sujet.

Chapitre 6: « Le numérique permet d’adapter les enseignements aux élèves »:

Le mythe de l’adaptation à l’apprentissage en cours. Les auteurs expliquent que ce mythe était déjà présent dans l’enseignement programmé de Skinner, qui adressait à l’élève un feedback en fonction du caractère correct ou incorrect d’une réponse, selon une approche béhavioriste. Le développement de l’intelligence artificielle appelée « Tuteurs intelligents » ou « l’Intelligence artificielle en éducation » a permis de proposer de nouveaux programmes adaptatifs aux élèves leur permettant d’apprendre en autonomie. Mais l’autonomie a ses limites. Bien que les élèves puissent résoudre des situations grâce au numérique, rien n’indique qu’ils en comprennent le sens et qu’il soit capables d’organiser leur parcours scolaire. Ce mythe s’est accentué avec l’arrivée des MOOCs (Massive Open Online Courses) ou « Cours en ligne massifs et ouverts ».

Une concrétisation très complexe et coûteuse: Pour interpréter intelligemment ce que fait un élève, un tel système a besoin d’un modèle de l’élève très précis; d’un modèle du domaine d’apprentissage très complet et enfin d’un modèle de la façon dont on enseigne ce domaine. Seulement, un manque de théorie sur ce sujet ajouté à la difficulté d’associer ces trois domaines avec celui d’un élève réel, représente un temps non négligeable et donc trop coûteux.

Des adaptations plus modestes: Deux domaines majeurs permettent une réalité plus adaptée: 1) L’évaluation fermée et sommaire permet de répondre à des questions pourvu qu’elles soient fermées et en nombre limité. 2) La recherche d’aide: consiste pour l’élève à aller chercher par lui-même des solutions. Mais des études récentes ont mis en exergue que ce sont les élèves qui en ont le plus besoin qui demandent le moins d’aide. Alors le numérique s’est adapté en proposant même une aide avant que l’élève en ait besoin. C’est une avancée.

Un environnement informatique… et des humains: « Ce n’est pas l’informatique qui porte l’adaptation mais les humains (enseignant et élèves) qui s’en chargent. Les auteurs mettent en avant qu’on ne peut pas dissocier le numérique de la présence de l’enseignant et des apprenants.

Faire varier le guidage: Les auteurs expliquent l’importance de présenter le problème résolu avant de faire travailler l’apprenant sur un même type de problème. Par la suite, avec l’acquisition de connaissances, les apprenants bénéficient davantage de situations d’apprentissage sans guidance.

Pour conclure ce chapitre, les auteurs affirment que bien que le numérique permette des avancées en faveur des apprentissages pour les élèves, ceux-ci restent sommaires et que le numérique ne permet pas de s’adapter de façon autonome à la personne. Des retours simples à des questions simples sont plus efficaces. De nombreux travaux sont encore à réaliser pour ce faire.

Réflexion: En parallèle à ce chapitre, je fais le lien avec une situation vécue dernièrement sur mon lieu de travail. J’observais un adulte en situation de handicap souffrant de la maladie de Korsakov, entraînant par ailleurs des troubles importants de la mémoire. Afin de l’aider à exercer sa mémoire, un professionnel lui avait remis une tablette numérique présentant le jeu de « memory » dont il s’agit de repérer deux mêmes images en les touchant du doigt afin de les associer et les faire disparaître pour marquer 1 point. J’observe alors la personne jouer et je constate alors que la personne s’est vite découragée face à la non réussite. Quelle solution et/ou proposition, le logiciel éducatif lui a-t-il alors proposé? Aucune. Alors après quelques secondes de réflexion, j’ai accompagné la personne à se remotiver et poursuivre son jeu avec plaisir. Ceci montre bien la limite du numérique et que l’adaptation de l’enseignement à la personne, dans cette situation, est loin d’être acquise.

Chapitre 7: « Le numérique permet de s’adapter aux besoins particuliers des apprenants »:

Le mythe de l’adaptation aux élèves à besoins particuliers: Deux branches de l’informatique se sont intéressés à cette question: 1°) Le domaine de l’interaction entre humain et machine, plus spécialement centré sur les handicaps moteurs et sensoriels, où l’on essaie de concevoir des technologies qui compensent ou contournent le handicap. Exemple avec les prothèses. 2°) Le domaine de l’informatique pédagogique, plus spécifiquement centré sur les troubles de l’apprentissage, où l’on tente d’améliorer l’apprentissage ou de compenser le trouble. Exemple avec certains logiciels sur le décodage émotionnel.

Des études auprès des enfants aveugles: Les auteurs relatent que de nouveaux outils numériques associant les images à des bandes sonores favoriseraient les apprentissages. Ou encore les synthèses vocales associées au Braille ou enfin la réalité augmentée qui a prouvé que les apprentissages étaient plus opérants que si la personne se situait dans un environnement naturel. Banf & Blanz en 2013 ont développé un système permettant de sonoriser des images sur des tablettes numériques. Ainsi, en touchant l’image, une information sonore simple ou élaborée sur le contenu est transmise à l’apprenant.

Une étude auprès de personnes en situation de handicap moteur: adapter les claviers. Des claviers virtuels permettent aujourd’hui une meilleure adaptation pour la personne avec handicap moteur, réduisant la fatigue par exemple. Cependant, les auteurs observent souvent le même phénomène, celui de l’organisation du temps, de l’espace, les ressources disponibles, la formation des professionnels, les valeurs des usagers, faisant parfois obstacle à l’intégration de ces solutions.

Une technologie pour apprendre à reconnaître les émotions: Les auteurs s’appuient sur des études de Baron-Cohen, Golan & Ashwin en 2009, menées auprès d’enfant avec Troubles du Spectre Autistiques et d’autres enfants sans trouble. Le support d’apprentissage qui était un programme d’ordinateur sur DVD, entraînait l’enfant à reconnaître les émotions. Les résultats furent significatifs.

Un exemple d’écran du logiciel Play-on: exercice de discrimination phonétique

La technologie au service des élèves dyslexiques: Apprentissage de la lecture. L’équipe d’Annie Magnan et Jean Ecalle à Lyon, a produit un ensemble de résultats très encourageants. Leurs travaux ont notamment montré qu’un système qui permet un entraînement audiovisuel à la reconnaissance et à la segmentation des sons et aux contrastes vocaux pouvait améliorer la reconnaissance des mots écrits et donc à la lecture. Cette équipe utilise le logiciel « Play-on ».

Les auteurs concluent ce chapitre en disant qu’il ne suffit pas aux apprenants de s’entraîner et répéter les exercices mais que c’est aussi en comprenant, en conceptualisant, en explorant, en découvrant, en prenant conscience, que les apprentissages seront encore plus opérants.

Réflexion: pour faire lien avec la conclusion des auteurs, je me réfère également à une expérience professionnelle auprès d’un adulte avec TSA qui peine à faire des pauses entre chaque bouchées alimentaires lors des repas. Il souffre d’un besoin de « remplissage » au risque d’être victime d’une fausse route dans la cas le plus grave ou à moindre coût de souffrir de troubles digestifs. Alors, la technologie numérique est venue en aide à cette personne et le mérite revient à l’ergothérapeute qui a mis en place une fourchette électronique. Il s’agit d’un couvert qui vibre à espace régulier entre chaque bouchée. Ceci pour développer son autonomie autour du repas. Mais ceci ne suffit pas si la personne n’y a pas mis de sens et n’a pas compris l’intérêt. Alors la fourchette électronique a l’avantage d’être reliée à une mémoire interne et un port USB permet de suivre l’évolution sur écran numérique après chaque repas par le biais d’une courbe. Ainsi, un échange avec la personne lui permet de mieux comprendre et d’accepter la démarche éducative et d’être mieux accompagnée au fil du temps. Mais encore faut-il que le personnel soit formé et cela demande du temps et beaucoup d’argent…

Chapitre 10: « Ça va coûter moins cher »: le mythe de la baisse des coûts et de la gratuité:

Les auteurs avancent que certains simulateurs numériques ont eu un effet bénéfique en terme de sécurité et de coût de formation comme par exemple avec les simulateurs de vols qui ont émergé durant les années 1940. Mais cela aussi a ses limites. Il disent aussi qu’il a fallu apprendre à concevoir des environnements numériques de formation, avec une idée précise de ce que l’on pouvait y faire, et ne pas y faire. On s’est rendu compte que ce travail de conception, long, minutieux, exigeant, revenait extrêmement cher.

« Un accès gratuit à des contenus qui ont un coût ». Les auteurs concluent ce chapitre en disant que certains contenus de e-learning sont gratuits mais que derrière ces outils il y a une somme de travail non négligeable et que tôt ou tard, il faudra payer les concepteurs. Donc quid de la durée de vie de la gratuité?

Réflexion: Toujours au sein de ma profession, nous avons voulu faire l’achat de tablettes numériques au bénéfice des adultes en situation de handicap afin de développer des apprentissages. En l’absence de budget, il nous a fallu répondre à un appel à projet auprès de la fondation d’un grand groupe de télécommunication qui nous proposait un don selon la recevabilité et le coût de notre projet. Nous étions trois professionnels pour construire ce projet. J’ai évalué à environ 30 heures de travail au total pour nous trois pour construire ce projet, de son étude de faisabilité, à sa conception et sa production. Nous avons obtenu un budget de 5500 €. Ce travail est inclus dans nos heures de travail global, mais par cet exemple, j’ai voulu illustrer que derrière quelque chose qui peut paraître gratuit, il y a toujours un contribution financière et humaine.

Pour conclure: En écrivant ce billet d’analyse, j’ai appris beaucoup de choses que j’ai cherché à partager par le biais de notre blog et j’y ai pris certes beaucoup de plaisir. Mais au fond, je me pose la question suivante: « Combien de temps serais-je capable d’apprendre en autarcie par le biais du numérique. La période de restriction sociale que nous traversons en cette période de « guerre virale » contre le Covid-19 nous amène à changer nos habitudes et à explorer davantage ce que le numérique peut nous offrir. C’est une bonne chose mais ne manque-t-il pas une pièce essentielle de ce beau puzzle qu’est notre vie, celle que nous savons partager? Je postule pour apprendre avec le numérique et je trouve la recherche de ces deux auteurs très intéressante car elle m’amène à ne pas oublier que le présentiel a aussi sa place aux côté du numérique. Le numérique va de paire avec un échange social vivant et humain. J’en suis convaincu.

l’accès aux services publics

voici un article du journal OUEST FRANCE de mars 2019,

cet article vient pointer les difficultés que les personnes peuvent rencontrer devant le numérique, alors que de plus en plus de démarches administratives se font par le numérique.

L’accès aux services publics en milieu rural passe par le numérique, selon la Cour des comptes

Plus de numérique, mais avec plus d’accompagnement : pour la Cour des comptes, l’accès aux services publics en milieu rural passe par un meilleur usage d’internet, indispensable pour concilier les attentes des citoyens avec une « gestion plus efficiente » de l’argent public.

| DANIEL FOURAY, Ouest-France avec AFP Publié le 20/03/2019 à 16h09

C’est un rapport de 150 pages réalisé par la Cour des comptes à la demande du comité d’évaluation des politiques publiques de l’Assemblée nationale. Dans ce rapport, publié en plein débat sur l’état des services publics dans les campagnes, relancé par le mouvement des Gilets jaunes, la Cour passe en revue la présence de l’État dans les territoires « enclavés » ou « isolés », où vit près de 15 % de la population française.

« L’offre de services dans les territoires en déclin démographique doit évoluer, pour correspondre aux nouveaux besoins qui s’y manifestent », estime la Cour. Cette mutation passe notamment par un essor du numérique, qui doit « devenir le mode d’accès normal » pour certains services publics, ajoutent les magistrats financiers. Ils voient là « une solution pour compenser un accès physique limité ou distant ».

La dépendance à la voiture, un frein pour les plus jeunes et les plus âgés

« Contrairement à une perception répandue, il n’y a pas eu d’abandon généralisé de ces territoires par les grands réseaux nationaux de services publics », assure la Cour des comptes, qui analyse la situation dans huit départements ruraux, dont l’Ardèche, la Creuse et la Haute-Saône. « Rapportée à la population, leur présence physique y reste dense, dans certains cas davantage même que dans les autres parties du territoire national », poursuit l’institution de la rue Cambon, qui dit vouloir « nuancer » le ressenti des territoires ruraux.

Selon le président de la Cour Didier Migaud, le sentiment d’abandon des citoyens est néanmoins « compréhensible », au vu des « obstacles » qui limitent l’accès aux services en milieu rural, notamment la dépendance à « la voiture », un frein « pour les plus jeunes et les plus âgés ». Un ressenti qui justifie selon la Cour des comptes un recours accru à la dématérialisation, perçue comme un « instrument d’égalisation des chances », à condition que « la transition » vers le numérique « soit bien préparée et bien accompagnée ».

Pour réussir, « cette évolution doit être mieux anticipée », prévient ainsi le rapport, qui recommande d’améliorer les infrastructures existantes, mais aussi l’accompagnement des usagers, via « la mise à disposition de matériel », la mise en place d’« ateliers de formation » ou encore « la réalisation des démarches, en leur lieu et place mais en leur présence ».

Technophobe

Que se passerait-il si nous devenions allergiques à la technologie? Que nous ne pouvions plus utiliser notre téléphone? Notre vie quotidienne serait alors radicalement transformée.

Ce court métrage montre à quel point nous sommes dépendants de la technologie et les différences générationnelles au regard de la technologie.

Bon visionnage !

https://youtu.be/wNRUzu4fTgw

L’usage intensif des jeux vidéos augmente la fatigabilité des jeunes

D’après nos recherches sur cette affirmation, nous avons trouvé de nombreux articles non fondés scientifiquement. Donc la difficulté réside dans le fait de trouver un article fiable et argumenté. Toutefois le site du CHUV (Centre Hospitalier Universitaire Vaudois), situé à Lausanne (Suisse), dispose d’un CJE (Centre du Jeu Excessif) dédiée aux personnes pouvant être dépendantes aux jeux et notamment aux jeux vidéos.

La nuance est plus à prendre dans l’usage qui peut en être fait:

  • Usage occasionnel
  • Usage régulier
  • Usage abusif
  • Usage addictif

Quelles peuvent être les conséquences d’un usage abusif ?

  • Conséquences émotionnelles et psychologiques
  • Conséquences physiques
  • Conséquences relationnelles
  • Conséquences professionnelles et scolaires

Les conséquences négatives dépendent de la situation personnelle de chacun.

Le manque de sommeil et la fatigabilité se retrouvent dans les conséquences physiques ainsi que dans les conséquences émotionnelles et psychologiques, au travers de la dépression et l’anxiété.

Pour aller plus loin, voici le lien vers le site:

https://www.chuv.ch/fr/jeu-excessif/cje-home/patients-et-famille/jeux-video-et-internet/quand-le-jeu-devient-problematique/

Un questionnaire pour tester l’addiction d’un « e-proche » est à disposition sur ce même site. Alors testez vous!

Cliquer pour accéder à CJE_DEP_JEUX_PROCHE_FR_2019.pdf

Mimie, Chanchan, Arnaud et Jérôme

Babbel: Apprentissage des langues étrangères

Bonjour à tous!

J’ai choisi d’essayer l’application Babbel parce qu’en dehors de la vie scolaire, les langues étrangères sont le domaine qui m’intéresse le plus, c’est mon domaine d’étude et donc je voulais voir à quoi pouvait ressembler ce type d’application pour pouvoir éventuellement la conseiller à mes élèves.

C’est la première entreprise d’apprentissage des langues en ligne ayant été créée, et elle est depuis son origine la leader dans le domaine avec plus d’un million d’utilisateurs.

Public visé 

L’application vise un public extrêmement large de part la multiplicité des langues et surtout part la diversité des thèmes que l’on peut aborder: Elle peut être utilisée par des étudiants qui veulent avoir un soutien en plus de leurs cours normaux, mais cela peut aussi être utilisé par des personnes ne connaissant pas la langue et souhaitant avoir quelques bases avant de partir dans le pays, cela peut aussi servir de remise à niveau avant d’entamer une nouvelle formation où l’on aura besoin de la langue visée. Enfin, cela peut aussi être utilipar des gens juste curieux et voulant apprendre une nouvelle langue.

Activités réalisées 

Pour essayer l’application, j’ai choisi d’apprendre l’italien, afin de ne pas trouver cela redondant par rapport aux langues que je maîtrise déjà.

J’ai surtout testé les cours de niveau butant mais j’ai tout de même regardé ce qu’il y avait comme contenu dans les autres niveaux disponibles et la structure des cours est sensiblement la même pour tout les niveaux.

Types d’apprentissage

Il y a six types de cours disponibles sur le site.

a) Les cours par niveaux comme étudié ci-dessous.

b) Les cours de remise à niveau pour les personnes ayant déjà étudié la langue ciblée et qui veulent s’y remettre (cette partie survole toutes les bases qui ont potentiellement déjà été vues scolairement).

c) Les cours de grammaire sous forme de chapitres catégorisés par thème.

d) Les cours de compréhension écrite et orale (prononciation, dictée, virelangues… ).

e) Un thème Pays, cultures et habitants regroupant tous les cours spécifiques  pour partir en vacances dans le pays, où sur la cuisine locale et la géographie.

f) Les cours de vocabulaire classés par thème comprenant des listes de mots utiles.

Exemple de cours 

1) Dans un premier temps, on y apprend des mots de vocabulaire un par un en les écoutant et en les répétant à l’aide du micro (il y a une remarque faite concernant notre accent à chaque exercice).

Ensuite, il faut taper les mots, toujours avec l’aide de la prononciation du logiciel (il y a des voix qui lisent les mots et expressions en permanence).

Après cela, il y a un dialogue que l’on doit compléter avec le vocabulaire vu précédemment dans les autres exercices.

2)La deuxième partie commence par l’apprentissage de la conjugaison d’un verbe en lien avec le thème du cours choisi.

Ensuite, il y a des exercices de mémorisation pour pratiquer la conjugaison, puis il faut replacer le verbe correctement dans des expressions afin de mettre en pratique le contenu appris auparavant.

3) La troisième partie concerne dans cet exemple l’apprentissage des chiffres de 1 à 10 avec des exercices simple pour se familiariser avec les mots et la prononciation (sur le même modèle que le début du cours).

Puis, nous repassons sur du rendu de savoir appliqué dans des phrases.

Enfin, le cours se termine par un condensé des trois exercices précédemment expliqués afin de réutiliser le vocabulaire, la conjugaison et les chiffres appris dans le cours.

Dans un cours, on peut donc retrouver plusieurs types de contenus tels que le vocabulaire, la grammaire, la conjugaison l’expression orale, l’expression écrite ou encore la compréhension orale.

Les cours sont assez complets et ils se font en vingt minutes environ. Il est assez facile d’enchaîner plusieurs cours sur différents thèmes sans que cela soit trop ennuyeux.

Pour ce types de cours classiques, il y a plusieurs niveaux allant de “découverte/débutant” jusqu’à “indépendant” et l’on pourrait transposer cela à du niveau A1 jusqu’à ,environ, un niveau B1 voire B2 maximum (l’éventail étant assez large).

Les atouts

Ce qui m’a le plus plu est le fait que la plateforme soit plutôt ergonomique et ludique avec un bel interface simple à utiliser. Peu importe l’âge, on ne sera pas perdu en l’utilisant.

Un autre point sympathique que j’ai relevé est la variété des méthodes d’apprentissage entre les jeux, l’image, le son ou encore les lectures, on ne se lasse pas d’enchaîner des exercices qui sont tous identiques!

D’autre part, la variété des langues disponibles est un atout, il y en a une quinzaine pour l’instant et ce qui est intéressant est que tous les enregistrements audio sont fait par des natifs: cela permet de bien appréhender les accents.

Les derniers points positifs notés pour moi sont le fait de pouvoir avancer à son rythme et la rapidité des cours qui permettent d’apprendre quand on veut: il n’y a pas besoin d’avoir deux heures devant soi pour faire des leçons!

Les points négatifs

Pour moi, le manque de l’application est qu’il n’y a pas les transcriptions phonétique des mots lorsqu’on les apprend, je trouve cela dommage. Quand je faisais mes études d’anglais c’était primordial de maîtriser la phonétique pour pouvoir se débrouiller avec les mots lorsque l’on n’était pas sûr de la prononciation et là, cela m’a manqué.

D’autre part, le prix qui est de 16 ou 17 euros par mois est trop élevé : je trouve cela beaucoup pour une simple application (sans réelle interaction humaine) surtout pour les jeunes collégiens ou lycéens qui pourrait l’utiliser en soutien de leurs cours. La version gratuite est assez peu fournie il y a seulement les premiers cours de chaque chapitre disponible.

Enfin, j’ai un peu peur que le niveau débutant soit un peu trop élevé parfois pour des personnes n’ayant jamais étudié de langues étrangères auparavant, surtout pour le manque d’explication des sons et phonèmes qui ne sont pas commun avec le français.

Recommandations

Je pourrais recommander cette application à tout types de publics étant donné la variété des contenus. Toutefois, cela me semble utile principalement en soutien d’un cours pour des élèves étudiant déjà la langue ou alors pour des personnes souhaitant voyager dans le pays ciblé et qui veulent acquérir quelques bases pour pouvoir se débrouiller sur place.

Les limites seront pour les plus confirmés dans la langue qui auront besoin de contenus plus poussé que celui de l’application.

J’espère que vous aurez appris quelque chose à travers cet article et qu’il vous sera utile!

Charly CRUAULT

« La Fabrique du crétin digital », le danger des écrans pour nos enfants, de Michel Desmurget. Article de presse de Ouest France, novembre 2019 et résumé du livre…

Ci-joint un petit article de presse ainsi qu’un résumé du livre de Michel Desmurget dont nous avons parlé en cours sur  » Numérique & Apprentissages ». Il met en cause les effets de la surconsommation des écrans sur le Quotient Intellectuel des enfants… QI 2.0 ?

Résumé du livre: (Seuil 2019)

La consommation du numérique sous toutes ses formes – smartphones, tablettes, télévision, etc. – par les nouvelles générations est astronomique. Dès 2 ans, les enfants des pays occidentaux cumulent chaque jour presque 3 heures d’écran. Entre 8 et 12 ans, ils passent à près de 4 h 45. Entre 13 et 18 ans, ils frôlent les 6 h 45. En cumuls annuels, ces usages représentent autour de 1 000 heures pour un élève de maternelle (soit davantage que le volume horaire d’une année scolaire), 1 700 heures pour un écolier de cours moyen (2 années scolaires) et 2 400 heures pour un lycéen du secondaire (2,5 années scolaires).
Contrairement à certaines idées reçues, cette profusion d’écrans est loin d’améliorer les aptitudes de nos enfants. Bien au contraire, elle a de lourdes conséquences : sur la santé (obésité, développement cardio-vasculaire, espérance de vie réduite…), sur le comportement (agressivité, dépression, conduites à risques…) et sur les capacités intellectuelles (langage, concentration, mémorisation…). Autant d’atteintes qui affectent fortement la réussite scolaire des jeunes.
 » Ce que nous faisons subir à nos enfants est inexcusable. Jamais sans doute, dans l’histoire de l’humanité, une telle expérience de décérébration n’avait été conduite à aussi grande échelle « , estime Michel Desmurget. Ce livre, première synthèse des études scientifiques internationales sur les effets réels des écrans, est celui d’un homme en colère. La conclusion est sans appel : attention écrans, poisons lents !